Interview : Emilie Parthuisot, fondatrice d’ATMOSYLVA, 1 an après 

Publié par Estelle, le 24 juin 2021 | Actualités et articles de Quadrapol

Feuilles d'un arbre

Emilie Parthuisot, fondatrice d’Atmosylva, nous explique en détail en quoi consistent les projets de forestation et de reforestation et nous dévoile les prochains grands projets de reboisement sur le territoire français.

Il y a un an, nous avions donné la parole à Emilie Parthuisot, juriste et forestière passionnée par la protection de l’environnement et fondatrice d’Atmosylva, une entreprise dont la mission est d’agir pour la protection des forêts, de la biodiversité et du climat et où l’humain tient une place centrale. Depuis octobre 2020, Quadrapol, constructeur de maisons en bois engagé dans la protection de l’environnement, soutient Atmosylva en finançant la plantation d’arbres dans des projets de boisement et de reboisement en France. Zoom sur les projets de reforestation en cours !

 

Emilie, pouvez-vous présenter les projets actuellement en cours sur le territoire ?

Il y a plusieurs projets de boisement et de reboisement en cours actuellement, notamment celui du  Loiret sur lequel intervient Quadrapol depuis maintenant plusieurs mois. Ce projet est composé de deux parcelles privées qui sont en fait d’anciennes pâtures. Notre but est de planter des essences diversifiées adaptées au sol et au climat local actuel et futur. On parle alors de station forestière, désignant  une étendue de terrain homogène sur les aspects climatiques, de relief, de sol et de végétation spontanée. L’analyse des  guides de stations forestières élaborés par les forestiers combinée à  l’étude de  terrain et des données de climat local  permettent de choisir les essences appropriées.

Par exemple, sur le projet du Loiret, le climat est tempéré et chaud avec des hivers parfois froids et humides, et des sécheresses estivales risquent de se répéter pour les années à venir. Sur un plan pédologique, le sol est caractérisé par des sables et argiles (argile de Puisaye). Ces potentialités nous ont permis de sélectionner le  Chêne sessile, essence pouvant supporter un certain déficit hydrique, ainsi que des fruitiers forestiers tels que le Cormier, le Poirier sauvage et le Pommier sauvage, très intéressants pour la biodiversité (essences mellifères et produisant des fruits pour les animaux).

Comment est financé le projet de boisement du Loiret ?

Il y a différents moyen de contribuer aux projets actuellement en cours. Sur le Loiret, il y a en a deux types d’engagements possibles : le sponsoring, sur une surface de 1,08 hectares, et le label Bas Carbone (certification délivrée par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire), sur une surface attenante d’environ 1,58 hectares.

Le sponsoring est une manière plus accessible, pour les particuliers et les entreprises de financer la plantation d’arbres. Nous proposons  de planter des arbres ou offrir des arbres à planter pour 3 euros HT par arbre.

Le label Bas Carbone a lui l’intérêt d’être reconnu et géré par l’Etat et permet aux entreprises d’attester officiellement y compris à l’international, de leur engagement envers la cause environnementale au titre de la contribution carbone volontaire. Les entreprises peuvent donc, après réduction de leurs propres émissions de carbone, intégrer des Réductions d’Emissions carbone générées par le Projet au titre de leur compensation volontaire. On mesure alors le carbone stocké de façon anticipée dans la biomasse forestière et dans le sol. C’est un process vérifié, il rassure les entreprises et leur clientèle et délivre une certification reconnue à l’international. Le coût est chiffré à la tonne de CO2 évité ou stocké. Si l’on devait le ramener au prix d’une arbre, on serait autour des 5 à 8 euros par arbre environ selon les projets

 

Où en est le projet de boisement du Loiret à l’heure actuelle ?

La crise sanitaire liée au Covid couplée à une période sèche, et parfois des précipitations retardant le travail du sol pour éviter les tassements, ont retardé la plantation. Elle aura lieu cet autonome sur la parcelle en sponsoring et Label Bas Carbone, si toutes les conditions permettant une action efficace et un bon développement des écosystèmes sont réunies. A ce titre, l’avis du Gestionnaire Forestier au regard de son expérience est très important afin de prendre les bonnes décisions et favoriser la viabilité de la plantation.

Pour le moment, 886 arbres restent à financer sur les parcelles du Loiret, sur un total de 1600 arbres, qui seront financés également par d’autres entreprises, organismes ou particuliers.. Au total, pour Quadrapol, 630 arbres ont été plantés depuis le début de sa participation, et nous l’en remercions beaucoup pour nos forêts !

 

Est-ce qu’on peut parler de challenge quand on soutient la reforestation et la protection des forêts ?

Complètement ! On travaille avec le vivant, il faut savoir faire preuve de flexibilité et d’adaptabilité. Par exemple, une plantation peut être repoussée car, suite à une mauvaise glandée des Chênes, les pépinières n’auront pas pu cette année-là faire pousser suffisamment de plants pour alimenter les projets de plantation les années suivantes. Par ailleurs, la plantation au printemps est de plus en plus compliquée à cause des précipitations moins bien réparties et des sécheresses estivales s’enchainant depuis maintenant au moins 3 ans. C’est pour toutes ces raisons qu’une analyse de terrain et de projet au cas par cas est nécessaire, associée à l’expérience des forestiers et du suivi opérationnel qu’ils réalisent pour le Projet  .

A quoi ressemble une parcelle venant d’être reboisée ?

On plante des arbres qui ont généralement entre 1 et 2 ans avec des hauteurs variables selon le choix du forestier, souvent entre 40 et 80cm. On les plante lorsqu’ils sont petits, car leur système racinaire n’est pas encore développé et s’adaptera plus facilement au sol où ils seront installés. C’est d’ailleurs fascinant, car les racines des arbres s’associent à des champignons mycorhiziens dans une relation symbiotique : les hyphes des champignons explorent une surface de sol plus importante, à la recherche de minéraux et d’eau. En échange, l’arbre leur fournit les glucides produits grâce à la photosynthèse. Une véritable petite économie collaborative ! Cela prendra bien sûr quelques années avant que les arbres n’atteignent une taille adulte et puissent former une forêt dense.

Quels sont les prochains projets de reforestation ?

Nous avons plusieurs projets en développement, en cours de travaux ou déjà plantés. En Gironde, nous avons un projet de reboisement d’une forêt d’un hectare incendiée en 2017. Sur ce projet, des Pins Maritimes et des essences de feuillus en accompagnement seront plantées pour diversifier la plantation malgré des sols souvent acides et filtrants dans cette Région. La plantation devrait avoir lieu en automne prochain et sera même associée à un événement sportif !

En Ile de France, nous avons en particulier un projet en développement avec une surface plus importante. Il s’agit d’un reboisement d’un taillis de bouleaux très dépérissant. Les arbres, étant plutôt originaires d’Europe du Nord, ont mal supporté le manque d’eau et les températures plus chaudes. De plus, il n’y a pas suffisamment de régénération naturelle sur cette parcelle, ce qui impliquait de réaliser un reboisement sur l’ensemble de la surface du Projet. C’est très intéressant, mais en même temps alarmant car cela montre encore une fois l’impact du changement climatique sur les zones de répartition d’un certain nombre d’essences. Certains arbres comme le Hêtre sont amenés à repousser leur aire de répartition vers la partie nord de la France et les zones montagneuses où les précipitations restent suffisantes pour ses besoins en eau.

Un autre projet qui me vient à l’esprit est un autre reboisement après un incendie en Gironde, dans le massif des Landes de Gascogne. C’est malheureusement courant dans cette Région, mais cela risque d’être plus fréquent dans d’autres régions où les forêts sèchent vite, notamment le Centre de la France qui, pourtant,  était moins sensible aux incendies jusqu’ici. Ces sont très souvent des incendies dont l’origine est humaine : barbecue, engin motorisé, mégot de cigarette… Il est donc très important de sensibiliser les populations et les touristes à la protection des forêts : passer des vacances dans la nature, c’est aussi connaître les bons gestes à adopter pour la préserver.

En parlant de sensibilisation, pouvons-nous voir les forêts qui ont pu bénéficier d’une action de reforestation ?

Une grande partie de ces forêts sont des parcelles privées, mais nous pouvons organiser des visites commentées avec un forestier, sur demande des entreprises ou associations contributrices. Durant la visite, l’ensemble du projet est présenté par Atmosylva et l’Expert forestier afin d’expliquer les enjeux du projet et les choix sylvicoles qui ont été faits.

D’autres activités peuvent être organisées, comme des participations aux plantations, concerts, courses d’orientation ou chasses aux trésors sur des thématiques en lien avec la forêt pour une immersion totale dans l’Histoire et la nature. Pour ces chasses au trésor, nous fonctionnons avec des groupes de 30 à 40 participants répartis dans des équipes d’environ 5 enquêteurs. Cette activité peut être organisée dans le cadre d’un événement team building, mais s’adresse également au grand public lors d’évènements comme la Nuit des forêts.

Pour expérimenter ces visites pédagogiques et ludiques en forêt, nous vous invitons à participer à l’événement La Nuits des forêts qui se tiendra du 2 au 4 juillet 2021 dans toute la France. Atmosylva est partenaire de l’événement et organise deux chasses au trésor sur le thème des forêts au Moyen-Age, en forêt de Sénart à la faisanderie (91), associées à un concert, en extérieur évidemment ! D’autres évènements seront également organisés partout, dans les forêts françaises ! Une super occasion de changer d’air et de profiter pleinement de la nature après une année entre confinement et couvre-feu !

 

Un grand merci à Emilie d’avoir partagé avec nous, son temps et son expertise !

 

Atmosylva et Quadrapol : des valeurs communes

Quadrapol est un constructeur de chalet bois, studio de jardin habitable, lodge ou encore de petite maison en bois sur roues communément appelées Tiny House dont l’objectif est de proposer un logement accessible, raisonné en termes de coûts, durable et respectueux de l’environnement. Le secteur du bâtiment est le second plus polluant après le transport. Il est important de réagir et faire preuve de bon sens. En vous tournant vers l’habitat léger, les constructions en bois habitables et les petites maisons en bois,  vous réduisez de manière significative votre impact sur l’environnement. En effet, une petite maison en bois stocke du CO² au lieu d’en dégager, mais est également plus facile à chauffer grâce à l’isolation optimale que propose le bois.

Pour ses réalisation, Quadrapol, constructeur de chalet bois, utilise du bois issus de forêts durablement gérées. Ainsi, pas de coupe rase, la faune et la flore sont préservées. En combinant l’usage de bois certifié FSC et PEFC avec des actions de reforestation pour chaque studio de jardin, tiny house ou maison en bois construite, Quadrapol contribue à son échelle, à la préservation de nos forêts.

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