Interview : Hélène Bolliot, fondatrice de Wood’up

Publié par Julia, le 13 août 2020 | Actualités

Ordinateur et lunettes posés sur une table fabriquée en bois

Wood’up est un bureau d’études et cabinet d’expertise spécialisé dans la fillière bois. C’est aujourd’hui un acteur important de la fillière qui accompagne les entreprises sur la question du bois et du patrimoine forestier. Nous avons posé quelques questions à Hélène Bolliot, fondatrice et dirigeante de Wood’up.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

J’ai fondé Wood’Up il y a maintenant près de 4 ans, sur les bancs de l’école forestière de Nancy (AgroParisTech ex-ENGREF). L’objectif de Wood’Up étant d’apporter de l’innovation dans la filière forêt-bois, tant sur les projets que nous menons, que sur le format en interne. Au départ, c’était un bureau d’études qui avait pour objectif de créer du lien entre les jeunes forestiers et les professionnels de la filière. Pour cela, nous avons mis en place un recrutement systématique de jeunes forestiers (étudiants ou nouveaux diplômés) que nous engageons et encadrons sur chacune de nos missions. Aujourd’hui, nous proposons une expertise à 360°, en accompagnant à la fois les propriétaires forestiers, les collectivités et les entreprises sur toutes les questions liées à l’arbre, la forêt et la filière bois. 

Qu’est-ce qu’un « bureau d’études et d’expertise forestière » ? Quel rôle joue-t-il dans la filière bois ?

Nous sommes à la fois bureau d’études et cabinet d’expertise, ce qui signifie que nous accompagnons à la fois les entreprises sur les questions de filière, de produit, de ressource, et les propriétaires forestiers dans la gestion de leur patrimoine forestier (inventaires, gestion, plantation, coupes…)

Wood’Up est à la fois à l’amont et à l’aval de la filière. Notre rôle dans la filière bois est essentiel, car nous faisons le lien entre la ressource à l’amont, et le produit bois à l’aval. Entre les deux, il nous faut comprendre chacun des maillons de la chaîne, afin de pouvoir conduire un projet forestier de A à Z. La connaissance de la ressource est essentielle, car sa temporalité est bien différente de celle du produit fini. Nous avons besoin de prévoir à 50, 100 voire 150 ans pour conseiller au mieux nos clients. 

Quelles difficultés rencontrez-vous, au jour le jour, dans l’exercice de votre mission ?

La principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés est le manque de connaissances forestières du grand public. Parmi eux, beaucoup de petites propriétaires forestiers, qui ne connaissent pas ou mal notre métier et la ressource forestière. Pour pallier ce manque, nous avons mis en place un programme pédagogique de sensibilisation à la forêt et la filière bois : Les Petits Forestiers, marque déposée en 2019.

De quels succès pouvez-vous vous réjouir ?

Mon plus grand succès est d’avoir réussi à mener Wood’Up jusqu’à aujourd’hui, avec l’arrivée de Clément Lachaud, jeune forestier, en tant qu’associé. Nous sommes désormais deux passionnés à développer des projets pour la forêt et les Hommes. 

Comment accompagnez-vous vos clients ?

Nous aimons dire que nous ne travaillons pas pour nos clients, mais avec nos clients. Nous voyons nos prestations comme des projets, que nous mettons en place avec eux. Notre entreprise porte des valeurs fortes, que nous tenons à faire-valoir dans notre travail. C’est ici qu’à mon sens se trouve notre valeur ajoutée.

Qui peut faire appel aux services de Wood’Up ?

Toute personne qui s’intéresse à la forêt et au bois ! À vrai dire, notre offre est étendue. Du propriétaire qui souhaite vendre ou acheter une forêt et en connaître la valeur, celui qui ne sait pas comment la gérer, ou celui qui a besoin de vendre ses bois, à l’entreprise utilisatrice de bois qui souhaite mener une réflexion stratégique et prévoir l’évolution de la ressource et du marché, nous pouvons accompagner les acteurs de la filière à chaque étape du circuit.

Pensez-vous que le bois est un matériau d’avenir ?    

Le bois est et doit être au cœur de nos préoccupations pour l’avenir ! 

D’abord, parce que c’est une ressource renouvelable, avec une temporalité qui met hors-concours la ressource minérale (n’en déplaise aux partisans de la construction béton). Aussi, parce que son bilan carbone est meilleur que tous les substituts que nous connaissons aujourd’hui.

Nous sommes convaincus que la transition écologique ne pourra se faire sans prendre en compte la gestion forestière, et avec elle l’utilisation des produits bois. Les pays qui ont massivement déforesté à une époque l’ont compris : la forêt a une importance fondamentale pour le paysage et l’environnement, et par extension pour le climat. Toutefois, il est nécessaire de changer les mentalités et les idées reçues sur le matériau bois et son utilisation. La construction bois ne se résume pas à des chalets, et la gestion forestière n’est pas de la déforestation. 

Un grand merci à Hélène Bolliot pour cette interview !

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